Marketing humanitaire : la foire à la saucisse
octobre 31, 2008 |
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Vous n’avez jamais été choqué de recevoir un courrier de Handicap International avec une petite béquille en allumette, une lettre de MSF contenant un bracelet de mesure de poignet pour enfant souffrant de malnutrition ?
Cela fait longtemps que le “fund raising” des ONG me pose problème : les techniques employées supposent un investissement dans des outils marketing en tablant sur un retour en terme de dons… certes, mais jusqu’où les organisations humanitaires peuvent-elles calquer les méthodes du secteur privé sans perdre leur âme ? en terme écologique, est-ce bien raisonnable de gâcher autant de papier ou d’objets - même si financièrement l’opération est valable ?
Pire, pour certaines organisation, je me pose même la question des conditions de production des objets utilisés pour la communication… on en arriverait presque à faire fabriquer des ballons gonflables par des enfants en Chine pour promouvoir une cause collective.
Pour illustration, cette campagne de l’OMS utilisant un verre qui, lorsqu’on le remplit, produit un effet d’optique qui fait grossir le petit noir malnutri à l’intérieur… outre le goût parfait de ce gadget, il me semble résumer toutes les questions posées par cette transposition tel que des pratiques du secteur privé vers le secteur humanitaire…
A lire :
L’enthousiasme du Blog des Objets Publicitaires puisque ces campagnes marketing produisent un résultat.
Les questionnements éthiques d’Association1901, qui se demandent si la fin justifie les moyens..











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novembre 3rd, 2008 at 16:59
Ce genre d’initiative me choque moins que toi (je crois ;-)), à partir du moment où je pense que la fin justifie les moyens. Jusqu’à une certaine limite, c’est vrai, notamment en termes d’éthique humanitaire et d’écocitoyenneté.
La question est : quelles limites ? Financières, morales, etc ?
En tout cas, la publicité est rarement aussi créative que dans le cadre de campagnes humanitaires ou environnementales. Ce sont souvent les plus originales, les plus frappantes, parce que ce sont souvent ces campagnes qui présentent le moins de contraintes en termes de discours, de mise en scène…
Il y a aussi des exemples un peu “ovniesques” comme la stratégie créative de la PETA, qui en laisse perplexe plus d’un…
novembre 4th, 2008 at 22:59
Justement, c’est bien ça la question que je me posais, savoir si la fin justifie les moyens.
J’ai déjà eu ce type de discussions il y a bien longtemps, par exemple à propos de la stratégie de Max Havelaar : une démarche positive pour les producteurs, mais une distribution en supermarchés… il y en a que ça choque, personnellement j’étais plutôt d’accord avec cela, quitte à considérer que c’est un premier pas, et que d’autres suivront.
Mais en ce qui concerne la stratégie de communication/marketing des ONG, je me demande, quand même… je suis choqué aussi, par exemple, de me faire arrêter dans la rue par des gentils étudiants recrutés en interim pour des campagnes de dons (Greenpeace, WWF…) - qui n’y connaissent rien à cette association, et surtout qui travaillent dans des conditions ultra-précaires !
Bref, effectivement, je suis peut-être un peu plus radical que toi
Quant à la PETA, tu penses à quoi ? à “plutôt nu qu’en fourrure” ?
novembre 13th, 2008 at 12:27
[...] Note J’ai également abordé d’autres questions à ce sujet,dans un second post : Marketing humanitaire, la foire à la saucisse [...]
novembre 15th, 2008 at 13:51
En même temps, pourquoi certaines ONG en viennent-elles a de telles pratiques ? N’est ce pas notre propre attention qui est à questionner ici ? A quoi accordons nous nos attentions ? A quoi sommes nous habitués à accorder nos attentions ?
Ces pratiques limites (et parfois contestables car elle peuvent ne jouer que sur la culpabilité) permettent de sortir du silence dans lequel notre société enveloppe tous les problèmes qu’elle ne voit pas… Pourtant il est évident que dans un monde où les échanges sont si interdépendants, le moindre acte d’achat ici a un impact sur des personnes vivant hors de notre vue. Le téléphone portable et le matériel informatique nécessite le Coltan congolais et bien cela devient un enjeu de la guerre et les enfants filent travailler dans les mines. Les farines animales sont interdites en Europe mais la demande de viande augmente toujours, et bien on détruit la forêt en Amazonie pour étendre les surfaces arables (du soja OGM surtout).
Mais le pendant de tout cela c’est aussi les actions des ONG pour rendre compte de leurs actions sur le terrain. On voit et retient l’enfant famélique mais on aimerait voir le résultat des actions, les sourires, les progrès etc.
novembre 27th, 2008 at 19:08
Tout à fait d’accord, Thomas, bien sûr que la question se pose car, au milieu de tant de communication et de messages, il faut bien réussir à capter l’attention du public…
Et oui, on aurait sans doute à nous questionner nous-même sur la façon dont nous accordons cette attention.
Mais honnêtement, tout est là justement : pris dans nos vies quotidiennes, on en oublie souvent de faire une pause et de réfléchir un peu, de s’informer, de se dire “tiens, qu’est-ce que je pourrais bien faire de plus pour le monde ?”…
Finalement, la notion de BA des scouts c’était pas si con : se discipliner, chaque jour, à prendre le temps de faire une action, même petite, même sans enjeu, mais qui apporte une toute petite pierre à l’édifice commun, ça pourrait être pas mal, non ?
décembre 18th, 2008 at 18:20
Moi aussi certaines méthodes me choquent, mais au fond, le marketing humanitaire est basé sur le choc, l’émotion, la réaction (quelle soit positive ou négative). Ce choc engendrera lui un don… Les dons sont souvent réalisés en réaction à un message impactant, il faut donc créer ce choc…
En ce qui concerne la partie objets publicitaires écologiques, les ONG ont tout à fait les moyens aujourd’hui d’aller jusqu’au bout de la démarche, et de choisir des objets fabriqués dans le respect de la dignité humaine, etc…