Information, communication et publicité
février 3, 2008 |
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La sémantique de la communication est bien évidemment loin d’être innocente !
S’il y a bien un secteur qui connaît la force des mots, c’est pourtant bien le nôtre…
Dès lors, je suis assez surpris par la volonté de certains de vouloir séparer les choses de façon “claire”, en ignorant les enjeux qui se cachent derrière ces mots.
Une volonté de départager sa pratique de celle des autres…
Quelques phrases entendues plusieurs fois dans ma (courte) carrière :
“La communication, c’est bon pour les boîtes privées, ici, dans le cadre du service public, on fait uniquement de l’information“.
“Oui d’accord, notre boulot consiste à bien tourner les phrases pour nos clients, mais ça reste de la communication, pas de la publicité, où là on se fout de la gueule du monde !”
“La différence est essentielle : les jounaliste ont une charte éthique pour traiter l’information, alors que les entreprises tentent de nous enfumer avec de la communication“.
Bon bon bon.
Alors bien sûr, l’idée générale reste la même : les autres (suivant la personne qui parle : les autres = les communicants, les publicitaires, …) veulent nous manipuler, alors que moi je dis la vérité, oh bien sûr en la présentant sous l’angle le plus avantageux pour moi, parce que faut pas déconner !
Ce jeu de la patate chaude, où chacun se renvoie l’accusation de manipulation, est tellement évident qu’il cache autre chose.
Et surtout, cette idée de vouloir diviser les choses en catégories étanches (l’information, la communication, la publicité) me semble relever d’une simplification évidente de la réalité !
Une classification basée sur une notion floue
Cette classification, lorsqu’on interroge les personnes qui la pratiquent, se base sur la notion de vérité : depuis l’information (100% vérité) jusqu’à la publicité (100% mensonge) en passant par la communication (50-50 ?).
Or la notion de vérité n’est quand même pas la plus simple à mesurer !
Lorsque l’on donne uniquement la moitié des informations que l’on possède, est-ce la vérité ? Et à l’inverse, peut-on demander à toutes les structures, entreprises, associations, de dévoiler le moindre de leur problème interne ? La transparence totale de tous est un rêve qui sent vite la dictature…
Des catégories bien loin d’être étanches
Et en ce qui concerne l’étanchéité des catégories et l’éthique des journalistes qui nous protège de la méchante communication : rappelons-nous tout de même les journalistes sont des gens pressés, souvent soumis à des impératifs de production… ils n’ont en général (sauf rares exemples) pas le temps de vérifier leurs informations ! D’après mon expérience personnelle, les communiqué de presse sont très souvent publié tels quels par les journaux. Alors lorsque moi j’écris le communiqué, on est bien dans la com, voire dans la pub… et par la magie du copier-coller d’un journaliste, il se transforme en information !
En conclusion, un continuum plutôt que des catégories
Voilà, en quelques mots, l’essentiel des raisons qui me font refuser ces catégories, qui sentent trop fort la justification. A mon sens, les degré d’information, de vérité ou de mensonge, d’explication globales ou d’omission de facteurs forment une palette continue, et pas des catégories étanches !
Alors information, communication, publicité ? les trois mon capitaine !
Et vous ?
De mon côté, un des axes de ce blog sera par des articles plus précis, plus documentés, de développer ce questionnement, présenté ici sous une forme très générale.











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février 22nd, 2008 at 11:43
Que de “gros mots” ! Définir l’information ou la communication est devenu presque aussi casse gueule que de parler “art”.
J’aime bien l’éthymologie d’informer : “mettre en forme”. Informer quelqu’un, c’est presque toujours essayer de vouloir donner une forme spécifique à sa pensée, sa parole, ce n’est presque jamais neutre. D’ailleurs, je ne connais pas un acte de communication qui soit neutre, par essence !
Sans tomber dans le trip de la seringue hypodermique ou les théories teutonnes des 70s (adorno), je pense que tous les acteurs du monde de la comm, qu’ils soient publics ou privés, manipulent (pas de jugement de valeur, hein, c’est humain après tout de vouloir manipuler son prochain).
mars 28th, 2008 at 16:05
Nous faisons au final 3 choses, ce qui revient à être d’accord avec toi : nous informons (l’échange d’information est commun à tout être vivant), nous partageons de l’émotion (une mise en forme subjective du message), nous séduisons (force de conviction). Ce triptyque est la composante de l’homme et il faut faire avec.
mars 28th, 2008 at 16:23
P.S. : toujours partant pour l’échange de lien. J’attends donc ton mail pour savoir ce qui peut se faire entre 2 blogueurs de talent
mai 24th, 2008 at 22:28
Votre article montre bien toute la complexité autour de la manipulation comme inhérente à la com. Pour faire face justement à cette pulsion de manipulation inhérente à la com a émergé la communication éthique. Toutefois, d’autres approches théoriques de la com ne partant pas de ce postulat offrent d’autres alternatives.
mai 31st, 2008 at 11:18
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